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Féminicides: l’hémorragie continue 

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* Ce deuxième texte sur la vague de féminicides au Québec est une collaboration de Mme Alexandra Lajeunesse, enseignante. *

Une 14e femme est décédée dans un drame épouvantable, perpétré par son propre conjoint cette nuit dans Parc-Extension. La violence conjugale s’est exacerbée depuis le début de la pandémie.

Combien d’autres vont-elles mourir ?

Je vais analyser les statistiques qui portent sur la violence conjugale. Je crois que nous avons besoin de voir que c’est un problème excessivement grave.

Au Québec, en 2015, 19 406 personnes ont été victimes de crimes contre la personne commis dans un contexte conjugal. Ces crimes ont fait 15 131 victimes féminines (78 %) et 4 275 victimes masculines (22 %) (ministère de la Sécurité publique, 2017).

Au Québec, en 2015, les femmes composent la totalité ou presque des victimes d’homicides (72,7 %), d’enlèvements (100 %), de séquestration (97,0 %) et d’agressions sexuelles (97,4 %) commis par un conjoint ou un ex-conjoint (ministère de la Sécurité publique, 2017).

Au Québec, en 2015, les auteurs présumés de violence conjugale étaient des hommes 8 fois sur 10 (80 %) (ministère de la Sécurité publique, 2017). 

Pensez-y !

Disons que c’est une moyenne annuelle. Ça fait donc 90 786 femmes dans les 6 dernières années.

Mais, nous avons attendu d’en voir des dizaines mourir dans des conditions atroces avant de poser les jalons de leur protection.

C’est trop peu, trop tard.  

C’est beaucoup de femmes assassinées et de familles tristement décimées.

Je regarde ça en me disant que je suis chanceuse d’être en vie. Mais, je vais parler pour toutes celles qui sont décédées, ou qui n’osent pas en parler.

Il est temps que l’on reconnaisse un peu la vie après ces événements. C’est un combat quotidien pour les victimes. Ma vie est importante, autant que celle de mon présumé assassin.

Mais, j’attends encore le concret pour les survivants et les familles de ceux et celles qui nous ont quittés.

J’attends encore que les personnes cessent de nous chanter la chanson de Laurence Jalbert, encore et encore.

Le concret pour nous tous, svp.

J’espère que la prochaine fois que vous verrez ce genre de situation, vous aurez ces paroles en tête.

« J’ai tellement voulu le retenir
Supplier, regarder droit dans les yeux
Mais jamais je ne les laisserai t’emporter
Encore et encore

Je l’ai vue dans leurs yeux, l’envie folle
De te faire du mal, de te blesser
Je les ai vu t’arracher
Ce qui restait de ton âme et de tes poupées »

On continue d’être des spectateurs de ces situations dramatiques en espérant que les autres vont agir.

C’est maintenant que ça doit changer.

Je dis non pour tous ceux et celles qui ont laissé leurs vies, parce que c’est littéralement l’hécatombe.

Je le pense sincèrement, une de plus, c’est une de trop.

Alexandra Lajeunesse

Sources

  1. Ministère de la Sécurité publique (2017). Les infractions contre la personne commises en contexte conjugal au Québec en 2015. Québec : Direction de la prévention et de l’organisation policière, Ministère de la Sécurité publique.

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