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Éducation: l’improvisation sans fin

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* Ce texte sur l’improvisation en éducation est une collaboration de Mme Alexandra Lajeunesse, enseignante. *

L’an dernier, j’écrivais un texte sur ce sujet, car je vivais probablement l’une des pires rentrées scolaires de ma carrière.

Cependant, cette semaine je récidive, parce que je suis tombée sur un article du Journal de Montréal. On y dit qu’une classe de maternelle aura une chambre de hockey comme local l’an prochain.

Vestiaire qui servira de classe / PHOTO MARTIN ALARIE / CRÉDIT: Journal de Montréal

Il manque de place dans l’école. Les élèves sont relocalisés à l’aréna.

Franchement, je ne sais plus quoi dire parce que cela ne fait aucun sens.

C’est absurde de penser que de placer des enfants dans un vestiaire est une bonne manière de considérer que l’environnement est propice aux apprentissages.

Bientôt, vos enfants feront l’école dans votre sous-sol, parce que l’école manque d’espace ?

Pourquoi ?

Parce que des centres de services scolaires québécois font mal leurs prévisions annuelles.

Je demande donc au ministre de refaire ses devoirs correctement.

L’an dernier, avant que je n’attrape la Covid, j’ai eu un contrat dans une école de Montréal. Nos locaux étaient situés dans les anciens bureaux de Desjardins.

Mes élèves avaient une ancienne salle de conférence en guise de gymnase. Il y avait des classes bien vitrées. Mais dont les fenêtres ne s’ouvrent pas, car ce sont des baies vitrées. C’est esthétiquement magnifique. Mais logistiquement dans une école c’est non pratique, surtout en temps de pandémie.

Ouvre-les tes fenêtres lorsqu’elles ne s’ouvrent pas. 

Les élèves pouvaient passer seulement un à la fois dans le corridor et dans un seul sens afin de suivre les directives, car c’est une tour à bureaux. Les corridors sont moins larges que dans une école.

En plus, c’est situé tout juste à côté du pont Samuel-de-Champlain et de l’autoroute.

De nos classes, nous voyons le trafic. Pour la qualité de l’air, on y repensera. Sans parler de la cour d’école, si je peux appeler ça une cour d’école.

On dit plutôt un endroit clôturé avec des arbres. Il n’y a aucun module, aucun terrain pour jouer, aucun aménagement pour des élèves. Pourtant, c’est une cour de récréation. Une cour de récréation aménagée « on the spot » pour le besoin à combler, sans penser aux élèves.

J’ai l’impression qu’ils ont considéré mes élèves comme des animaux quand ils ont fait notre cour.

Un bel enclos dans lequel courir.

C’est tout ce qu’ils peuvent y faire.

On n’a rien.

Mes élèves pouvaient bien être démotivés de venir à l’école. Regarder leur environnement d’apprentissage ! On continue de répéter cela en envoyant encore des élèves n’importe où.

Je suis bien plus que fâchée.

Je suis révoltée.

Ce sont les élèves qui paient pour les erreurs du ministre.

ENCORE !

Il n’est pas chanteur. Pourtant, il chante sans cesse la chanson encore et encore de Laurence Jalbert. N’est-il pas encore en train de répéter les mêmes erreurs ? N’est-il pas encore en train de prétendre être l’homme de la situation ?

Nous allons encore répéter cette erreur. On va placer des élèves dans un endroit inadéquat.

N’ont-ils rien appris ? 

Il me semble que lorsque mes élèves font des erreurs, je leur apprends à ne plus les répéter. Cela fait partie de mon travail d’enseignante.

Par conséquent, ils n’ont rien appris.

Quand il se souciera des élèves du Québec comme je m’en soucie, il pourra dire qu’il est l’homme de la situation.

Il lui reste un mois pour les relocaliser.

Alexandra Lajeunesse, enseignante

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