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Au nom du père et du clic

Ah les clics…

Voilà maintenant plus d’un mois que je n’avais pas écrit un article pour mon site web. En fait, depuis la soirée électorale américaine, j’avais décidé de diminuer mes activités et ma présence en ligne.

Les semaines précédentes avaient été très exigeantes. Je croyais naïvement que le tout allait être facile.

Je voulais être moins présent, et moins partager de contenu. Me forcer à décrocher. Car une fois que l’on a les deux pieds dedans, il est très difficile de prendre du recul. Depuis maintenant près de 3 ans, le personnage de Jonathan le Prof a pris de plus en plus de place dans ma vie.

Pour ne pas dire trop de place.

Comme vous avez pu sans doute le constater, le tout a eu un résultat mitigé. Il est très difficile de se détacher complètement de ce monde alternatif que sont le web et les réseaux sociaux.

 J’ai tout de même partagé beaucoup sur Facebook et Instagram. Je me suis aussi surpris à utiliser Twitter plus qu’à l’habitude.

Pire encore, j’ai même débuté une chaine Twitch, avec l’objectif de rejoindre un autre public, plus jeune, qui n’est plus présent sur Facebook.

Et comme je n’étais pas prêt à danser sur Tik Tok, j’ai au moins eu le bon réflexe de passer par-dessus les opportunités qu’offre cette plateforme.

Comme il est démontré dans l’excellent documentaire « The social dilemma » (Derrière nos écrans de fumée en français), nous sommes tous dépendants de nos téléphones et de notre univers parallèle sur les réseaux sociaux.

Je me suis de nombreuses fois insurgé contre des chroniqueurs comme Eric Duhaime (qui est en voie de devenir le nouveau chef du Parti Complotiste Conservateur du Québec), contre le mépris du couple Martineau/Durocher, l’arrogance et l’attitude hautaine de Mathieu Bock-Coté et autres « opinionnistes » professionnels.

Ceux qui utilisent leurs tribunes respectives pour choquer et faire réagir. Le tout me révoltait.

Pourquoi utiliser une tribune aussi importante pour tenter de diviser et de créer la discorde dans la société? La réponse est simple. Vous l’avez surement deviné, ils le font tous pour la même raison :

LES CLICS.

Pourquoi j’en suis aussi sur?

Car je l’ai vécu.

On devient littéralement obsédé par l’idée que notre contenu soit lu, partagé et qu’il fasse réagir.

Je me suis rendu compte que, tel un junkie en attente de sa dose, l’anticipation et l’excitation qui m’envahit avant d’appuyer sur « enter » et mettre un texte en ligne amènent une bonne dose d’euphorie.

La dopamine fait vite son effet, et on espère que le texte fera le plus réagir possible. Plus il y a de réactions, plus la dopamine est forte. Mais on tombe vite dans un « pattern » ou l’on cherche à provoquer et à faire réagir à tout prix.

On dévie alors de l’idée de base, celle d’écrire pour informer, pour divertir ou pour dénoncer. On cherche à choquer et faire réagir à tout prix, car la polarisation et la frustration des gens est le premier moteur de partage et de viralité.

Plus les gens réagissent, plus il y a de clics. Plus il y a de clics, plus les revenus publicitaires augmentent. Les algorithmes raffolent aussi de ce genre de contenu. Une publication qui polarise a beaucoup plus de chance d’être partagée et de générer des clics.

C’est une recette pour des clics qui fonctionne bien, trop bien.

Je me suis surpris à me forcer à écrire pour que le trafic augmente tous les jours. Je m’étais éloigné de mon but premier. Je suis devenu l’un des leurs. Et ce constat me donne froid dans le dos.

Je déteste toujours autant lire les textes de ces chroniqueurs. Je méprise autant leur attitude et leur manie de vouloir « créer la bisbille » à tout prix. Je me fâche encore trop souvent après avoir lu ou entendu leurs nouvelles frasques dans les médias.

Je ne les respecte toujours pas.

Mais maintenant, je les comprends…

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4 réponses pour “Au nom du père et du clic”

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