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Et si la crise améliorait l’accessibilité numérique en éducation ?

** Ce texte sur l’accessibilité numérique en éducation, pour les élèves atteints de dyspraxie visuo-spatiale, est une collaboration de Mme. Caroline Robidoux. Elle est mère de Guillaume-David (*pseudonyme), DVS, qui a été filmé dans le cadre de la formation « Bien voir pour mieux apprendre » en 2016. **

Je me souviens que lorsque mon fils a été filmé pour la formation, j’ai commencé à lire pour mieux comprendre. Quand on a un jeune avec une acuité visuelle presque parfaite, mais avec de grandes difficultés visuelles, on se pose des questions.


Il faut comprendre la problématique pour savoir comment gérer le tout. Lorsqu’on explique au milieu scolaire qu’il lit le magazine Voir depuis qu’il a 5 ans, mais qu’il a besoin de livres agrandis, épurés et avec des repères de couleur pour ne pas se perdre sur sa page.
Je vous jure qu’on ne me croit pas toujours.

Un jour la vision fonctionne et le lendemain non : c’est ça la fatigue visuelle. On me dit même : « J’ai vérifié, puis il voit bien au tableau. ». S.V.P., ne faites pas de tests comme ça. Un jeune avec une dyspraxie visuospatiale ne copie pas du tableau.


Je me suis naturellement intéressée au site de la Dre Sylvie Chokron. Ça m’a profondément convaincu qu’il devenait important de faire plus de sensibilisation sur le sujet.

Il faut savoir observer les signes


Un enfant n’a pas la capacité de dire qu’il ne voit pas avant la fin du primaire et on s’entend qu’il est trop tard à ce moment-là. Mes lectures sur le sujet m’ont encore plus convaincu de l’urgence de sensibiliser la population.

L’Ordre des optométristes du Québec affirme que ça fait 20 ans qu’ils tentent « de sensibiliser les gouvernements et la population de l’importance du dépistage et de l’examen oculovisuel chez l’enfant ».


¨ Puis que ce n’est que 30 % des jeunes qui passent un test, mais que 80 % de l’acquisition des connaissances passe par le système visuel. ¨ Je n’ai donc posé qu’un seul geste : informer sur le fait que la fiche de dépistage existe.


UN DEVOIR DE CONFINEMENT POUR LE MILIEU SCOLAIRE ET POUR LES PARENTS

Il s’agit de la fiche d’observation de la vision qui est un préalable pour l’accessibilité numérique. Ce qui est trop peu connu, c’est qu’être efficace avec ses yeux à l’école n’est pas qu’une question d’acuité visuelle. Pour la majorité des cas, les lunettes corrigent la majorité des difficultés visuelles des jeunes.

https://supradv.ca//wp-content/uploads/sites/26/2019/05/fiche-dobservation-primaire-25-mai-2018.pub_.pdf


Il en existe une pour le préscolaire, une pour le primaire et une pour le secondaire. Ni le milieu scolaire ni les parents n’ont besoin de formation pour la compléter. Ce qu’il faut comprendre, c’est que plusieurs enfants peuvent avoir besoin d’une optométriste en rééducation visuelle, mais que ça aussi c’est peu connu.


Je me souviens qu’on a frappé un mur en 2e année, car le volume d’images visuelles a augmenté en anglais. Puis Guillaume-David ne voulait plus travailler et il avait raison : ses yeux ne l’écoutaient pas.


On a fait des exercices visuels qui ont changé sa vie. La quantité de lecture augmente et la grosseur d’écriture diminue en 3e année, rien pour aider des yeux en fatigue visuelle.


LA DIFFÉRENCE ENTRE LE LECTEUR RÉCRÉATIF ET LE LECTEUR DE PERFORMANCE : LA FATIGUE VISUELLE


Il est aujourd’hui un excellent lecteur, mais il reste avec une grande fatigue visuelle à cause de sa dyspraxie visuospatiale. Son regard de la gauche vers la droite va assez bien, mais ceux de haut en bas et en diagonale sont très fatigants.


À l’école, c’est de la lecture de performance que doivent faire les jeunes. Il y a de la recherche visuelle dans les pages (de haut en bas et en diagonale), c’est donc pour cette raison qu’il lui faut des livres agrandis, épurés et avec de la couleur (le ruban Studys).


Malgré qu’il soit un champion en lecture, il utilise WordQ pour corriger ses fautes de frappe, car les aller-retour de son regard entre les mots sont fatigants. Ensuite, il utilise le correcticiel Antidote, car la recherche visuelle dans un dictionnaire en papier est tout aussi fatigante.


La couleur dans les mots l’aide à apprendre les nouvelles règles grammaticales. Ça oriente son regard entre les mots et les accords. Ce n’est donc pas une question de capacité d’apprentissage grammaticale, mais bien du regard qui doit être orienté.


LA GÉOMÉTRIE, C’EST AUSSI DU DESSIN


Il lui faut aussi les applications GeoGebra qui contiennent des lignes de couleur, car suivre du regard des lignes et des points, c’est très fatigant. Ajoutons à la fatigue le handicap visuoconstructif : il ne dessine donc pas avec un crayon et ne construit pas avec un « crayon », mais bien avec la théorie des lignes.


Par exemple, un carré a 4 côtés de 4 cm et il comprend qu’il construit un carré avec ça, mais le dessiner manuellement ne fonctionnerait pas.


Imaginez un professeur qui dit : « Comprends-tu que tu dois construire un carré? » Guillaume-David répondrait : « Oui et chaque côté va mesurer 4 cm ». Par contre, avec le trouble du « comment faire » qui l’affecte, et bien sans outil, il ne se met tout simplement pas à la tâche. Il ne sait pas comment le dessiner le carré, car ses mains « ne l’écoutent pas » comme il m’a toujours dit.


ACCESSIBILITÉ NUMÉRIQUE


Ça devient la nouvelle norme avec le récit qui en parle, les livres DONA et il y a des formations données par le service suprarégional en déficience visuelle qui s’occupe des troubles visuels.


https://supradv.ca

Il est important de comprendre que la première étape avant l’accessibilité numérique est le dépistage visuel pour tous. Ce qui est peu connu, c’est que les outils des dyspraxiques vont aussi aider les enfants avec des troubles visuels et moteurs, ceux avec un trouble du spectre de l’autisme, un TDAH et un trouble dys.

Alors, ça touche beaucoup d’enfants.


Merci de remplir la fiche, à suivre une formation ou à vous informer sur le sujet.

-Caroline Robidoux

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