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Autopsie d’une rentrée scolaire chaotique

Dépassé. C’est le premier mot qui me vient en tête quand je repense aux deux premières semaines de la rentrée scolaire 2020-2021. Je ne sais plus où donner de la tête par moment. Et je ne suis pas le seul! La majorité des enseignants que je côtoie ressentent la même chose. Masques de procédure, couvre-visage, visière, lunettes de protection, rideaux de douche…

Les règles de la santé publique, de la CNESST et du ministère de l’Éducation se contredisent sans arrêt. Le tout change également rapidement, sans trop que l’on comprenne l’intention ou le sens. C’est à se demander s’il y a une quelconque communication entre les 3 organismes…  

Comment trouver le sens des actions demandées, si celles-ci ne se coordonnent pas entre elles ? De plus, les nombreux changements de discours du ministre Roberge (sports étudiants, bulles classes, etc.) ont accentué ce sentiment d’improvisation, en changeant de décision chaque jour pendant le dernier mois. Comment voulez-vous assurer un climat optimal de réussite aux élèves dans ces conditions ?

Je vous fais la triste prédiction que cette année battra sans doute des records de décrochage scolaire. Et ce sera le ministre et sa mauvaise gestion qui sera à blâmer. J’espère me tromper, mais les signaux d’alarme sont déjà au rouge après 2 semaines de cours. Il faudra être très vigilant et intervenir vite pour éviter le pire.

Par contre, je dois lever mon chapeau aux gestionnaires et aux responsables de l’organisation scolaire des écoles. Ils ont travaillé sans arrêt pendant de nombreuses semaines pour satisfaire aux nombreux changements qui étaient souvent annoncés le vendredi à 16 h 30 par le gouvernement.

C’est grâce à eux si nous avons été en mesure d’avoir une rentrée organisée, malgré toutes les contraintes et les règles à respecter. Merci à vous tous !

La pénurie d’enseignants

Comme si le tout n’avait pas été prévisible. Je l’avais d’ailleurs prédit en 2015 lors du dépôt de mon mémoire de maîtrise sur le sujet. Cinq ans plus tard, non seulement rien n’a été fait ou mis en place pour revaloriser la profession enseignante, mais au contraire, la tâche continue de s’alourdir jour après jour.

Pire encore, on parle de transférer les orthopédagogues et les conseillers pédagogiques en classe. Un bel exemple de manque de vision et de complète déconnexion du milieu réel. On propose des solutions à très court terme, qui viendront augmenter les problèmes à moyen terme.

Une orthopédagogue, ça aide les élèves en grandes difficultés. Les conseillers pédagogiques accompagnent les nouveaux enseignants (souvent non légalement qualifié), pour éviter qu’ils ne quittent la profession d’ici 5 ans comme le démontrent les statistiques.

Les signaux sont au rouge depuis près de 20 ans. La profession enseignante est à l’agonie et la crise sanitaire est à lui mettre le dernier clou dans son cercueil.

M. Legault, M. Roberge, aidez-nous et vite ! C’est l’avenir de nos (vos) enfants qui est en jeu ! Offrez des conditions de travail optimales aux enseignants et observez le taux de décrochage diminuer ainsi que l’augmentation du taux de diplomation. Tout est relié. Ça va prendre plus que des maternelles 4 ans pour combattre le cynisme généralisé face à tout ce qui se passe au Québec.

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