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Le calvaire de la nuance

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** Ce texte sur le manque de nuance dans le débat public est une collaboration de M. Le Soucieux. **

Gauche ou droite, noir ou blanc, chaud ou froid, pour ou contre. L’important, c’est de prendre posture, c’est rassurant. Quoi de plus inconfortable que l’incertitude du présent, d’un futur proche ou même d’un futur plus que loin d’être parfait.

La frustration monte si rapidement lorsque des situations aux apparences illogiques se présentent. Prendre position et faire preuve d’un raisonnement logique, c’est enseigné.

Oui, non et pourquoi, vous avez une heure.

Des problématiques simples qui se résolvent en opposant une chose à son contraire. Un problème, une solution. L’ambivalence, c’est plutôt une notion d’un cours que l’on souhaite sabrer de l’école québécoise. 

Cette démarche est satisfaisante et applicable à de nombreuses situations sur lesquelles il est possible d’avoir un contrôle. Être en contrôle aussi, c’est apaisant, quand les dés sont joués d’avance.

Il fallait s’attendre à faire péter quelques plombs en accumulant les déclarations incohérentes, en ne sachant pas de quoi serait fait demain, en revenant sur sa parole, mais surtout, en faisant passer du jour au lendemain la collectivité devant les individus et leurs « oui, mais moi… » constant.

Je, me, moi.

Ah qu’il était persuadé d’être fort, autonome et indépendant cet individu avant d’apprendre qu’il faisait partie de quelque chose de bien plus grand que lui. Tous les problèmes du jour ne se régleraient pas à partir de sa seule perspective.

La vérité, c’est que la réponse à la question va souvent être : « Ça dépend ».

Dépendre de quoi ?

De bien des affaires qui sont difficiles à comprendre depuis sa solitude casanière. La nuance, ce n’est pas tellement à la mode par les temps qui courent. C’est compliqué, ça ne donne raison à personne et à tout le monde pis c’est pas mal moins vendeur.

Cela demande une certaine réflexion et de l’humilité pour accepter la possibilité d’avoir tort, de ne pas être en mesure de saisir que la solution est peut-être un peu plus complexe que celle découverte en quelques instants devant son écran.

Il y a tant d’éléments à considérer que l’on ignore et c’est normal, il faut simplement en avoir conscience. Nuancer une situation ne signifie pas d’y trouver un consensus, mais plutôt d’admettre l’absence d’une vérité absolue. Cependant, cela demeure pas mal plus commode de se camper chacun de son côté et de démocratiser le mot polarisation.

Accepter sa propre ignorance, savoir que l’on ne sait pas, c’est déjà tellement plus remarquable que de s’enliser dans l’inconscience d’une connaissance erronée. 

– Le Soucieux

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