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Trolls: la fin de l’anonymat en ligne?

** Ce texte, en lien avec les démarches d’un avocat pour rendre imputable les trolls anonymes sur les réseaux sociaux, est une collaboration de M. Hervé Simard. **

Troll

Faisons un peu de millage sur cet article du journal de Québec. Pour ceux qui préfèrent la version courte, un avocat utilise des recours en place qui ont fait jurisprudence pour trouver et traîner en justice les trolls.

Troll.

Quel mot horrible.

Un troll[1] est un lutin des légendes scandinaves. C’est un monstre, laid et malfaisant. Il répand une odeur nauséabonde, il est méchant pour l’homme.

Et, pour ceux qui n’auraient pas compris, je parle de la créature fantastique des légendes et contes d’antan, et non pas des pourritures qui sévissent sur internet. Ceux-ci sont pires.

Si un troll se définit par une nature méchante et abjecte, un Troll, lui, se complaît dedans. Il aime ça. Pire, il en jouit. Sachant que ses commentaires sont horribles, que la portée de ces mots appelle à la violence, à la mort, à la honte, il continue, il en remet.

Eurk. Mais eurk!

La petite histoire d’une adresse banale

Or le travail de cet avocat me donne d’espoir parce qu’on peut enfin utiliser les tribunaux pour condamner ce genre de comportement. Ça, c’est important, c’est un gros pas.

Imaginer que ces coucous deviennent tout à coup redevables. Oups!

Les réseaux sociaux ont cette particularité (atroce) de fournir un anonymat assez relatif à un usager. Moyennant un courriel, il peut, en théorie, s’inscrire sur un RS et ensuite répandre sa vomissure.

En théorie.

Le principe de l’adresse IP permet de faire un lien très simple : la provenance d’une communication quelconque sur internet.

Prenez ça comme une adresse de maison : si vous utilisiez la poste pour envoyer une lettre de menace au Premier Ministre, on vous retracerait, à condition d’y apposer votre adresse sur le devant de l’enveloppe, ce qu’aucun Troll ne ferait.

Ou, plutôt, ne voudrait faire. Or, à moins de disposer d’une infrastructure un brin complexe, l’internet s’en chargera pour vous; votre fournisseur internet vous a déjà assigné une adresse IP. C’est fait par défaut, pour vous, de façon automatique. Vous n’avez rien à dire et n’avez aucun choix.

On peut donc utiliser les tribunaux pour forcer le fournisseur à donner votre adresse IP et, ainsi, trouver qui est à l’origine des commentaires, et les poursuivre en justice. Diffamation, menaces, harcèlement, incitation au suicide.

Nétiquette et respect

Le coucou anonyme qui n’a pas le courage de s’afficher sur le net pour répandre sa merde devrait donc simplement être poursuivi pour être ensuite mis au rancart.

Mais qu’en est-il de ceux qui s’affichent ouvertement?

Aïe.

Ça, c’est une autre chose.

Qu’un individu se cache pour chier sur les gens, soit. On a tous un peu honte de quelque chose, et quand ce que l’on fait est tellement honteux, et bien…

Certains sont hélas si répugnant pour l’humain qu’ils s’affichent sans vergogne. Vous remarquerez par contre un trait commun : ce sont souvent des personnalités « publiques » qui utilisent un privilège ou une tribune pour encenser ce genre d’opinion.

Ces mots qui provoqueraient des « oh » et des « ben voyons donc » bien sentis, à les entendre, mais sur le net, qui se ressemble s’assemble.

Bloquez.

Bloc bloc bloc.

Ne les stigmatisez pas, ne les dénoncez pas directement, n’embarquez pas dans leur manège; vous leur rendriez service. Mieux, vous contribuez à leur tribune.

Je vais vous expliquer un truc très simple sur internet. Prenons Twitter, plateforme que je fréquente souvent.

En 2 clics un individu est bloqué. 2 clics. Et vous avez la paix d’esprit. L’équivalent de balayer un moustique du revers de la main.

Et vous n’en n’entendrez plus parler.

Et, pour ceux qui continuent, et en rajoutent, les tribunaux vont s’en occuper.

Entretemps si un coucou désire vous harceler, il devra refaire un compte, créer un autre courriel, vous retrouver… Et vous pourrez bloquer à nouveau. 2 clics, contre beaucoup plus, le ratio est somme toutes intéressant, non?

… ou non?

En effet, titre, tu as raison! Ou pas!

Parce que sur ces réseaux sociaux les vomissures continuent de polluer l’espace, et c’est pourquoi j’espère que cet avocat démocratisera les outils disponibles pour condamner de façon efficace les horreurs.

Dans la vraie vie, si je dis à quelqu’un, « Va te tuer, tu es une erreur, grosse pourriture », il y a fort à parier que je serai redevable et je rendrai des comptes en justice.

Ce qui n’est pas le cas présentement.

Or tant qu’on laissera les réseaux sociaux s’occuper de modérer ces propos, ça continuera. C’est indéniable. Parce que c’est une des sources d’argent les plus rentables pour eux! Idem pour la désinformation!

La meilleure solution serait de forcer les réseaux sociaux à appliquer une règlementation adoptée à l’externe, c’est-à-dire indépendante de leur volonté.

Même la modération comme telle devrait être utilisée et appliquée par des organismes indépendants. On s’assurerait ainsi d’être en mesure de mieux gérer ce genre de dérapage.

Entretemps…

Merci maître Soucy de prouver que c’est possible de faire sa loi, et de la faire appliquer.

-Hervé Simard


[1] À des fins de clarté, je parlerai de troll avec un petit t pour la créature mythique, et Troll avec un grand T pour les crétins qui pullulent un peu partout.

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