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Legault et la la déconnexion Caquiste

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** Ce texte sur la déconnexion du gouvernement Legault face aux enjeux sociaux du Québec est une collaboration de M. François-Olivier Loignon, enseignant au secondaire.**

Il y a deux semaines, lorsqu’un élève d’un de mes groupes est revenu en classe, je lui ai demandé s’il était content de revenir en classe. Moi qui m’attendais à ce qu’il me dise s’être ennuyé pendant le mois d’enseignement en ligne, sa réponse m’a autant étonné qu’attristé :

« Non monsieur. »

« Ah oui! Et pourquoi donc? »

« Ben en ligne, l’école me prêtait un ordinateur. Maintenant qu’on est revenu, je viens de perdre mon seul accès à un appareil électronique. »

La même journée, on apprenait que François Legault avait prononcé cette phrase dans une réunion devant le Conseil du Patronat du Québec :

« Moi, mon obsession, c’est d’augmenter le salaire moyen au Québec […] À chaque fois que je rentre un immigrant qui gagne moins de 56 000$, j’empire mon problème. À chaque fois que je rentre un immigrant qui gagne plus de 56 000, j’améliore ma situation. »

Personne ne peut nier le charisme de François Legault.

Sa bonhommie, son ton affable et son attitude terre-à-terre ont tout pour plaire aux gens qui désirent un politicien « vrai », loin des élites que semblaient représenter des leaders comme Couillard, Marois et Charest.

Toutefois, ces dernières semaines, notre premier ministre nous a montré à quelques reprises (et bien involontairement) que cette image de « vrai monde » est une façade habilement orchestrée. Cette tirade sur le salaire du « bon immigrant » n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Tout d’abord, il y a la crise du racisme systémique qui a été documentée par diverses instances. Malgré cela, François Legault nie l’existence de cette crise. Il nomme un ministre de la lutte contre le racisme qui refuse ce terme, à l’instar de son nouveau ministre responsable des autochtones.

Ensuite, il y a la crise du logement.

Montréal croule sous le fléau des rénovictions et de la montée des loyers hors de prix. Mais selon François Legault, on peut trouver des loyers à 500$ et il n’y a pas de crise du logement.

On peut également parler de son soutien inconditionnel à son ministre de l’Éducation, la même semaine où on reçoit de nouvelles preuves que ce dernier a menti au public.

La même semaine qu’on apprend que, alors que les écoles tombent en ruine, des millions seront investis pour de nouvelles enseignes, décision qui découle de la transformation des « Commissions scolaires » en « Centre de services scolaires » par ce gouvernement qui clame avoir l’éducation comme priorité.

Enfin, il ne faudrait pas oublier la campagne d’auto-congratulation des membres de son propre parti.

Ses éloges envers Pierre Fitzgibbon, blâmé deux fois par le commissaire à l’éthique.

Sans oublier, la fameuse campagne d’auto-soin de son parti où on voyait candidement les députés caquistes vanter les activités dans qui leur faisaient du bien dans le confort de leurs luxueuses demeures.

Il y une citation qui guide mes actions dans la vie et que je répète constamment à mes élèves et à qui veut bien l’entendre : « It’s not who I am underneath, but what I do that defines me. » (Merci Batman Begins)

Comment quelqu’un qui juge la valeur d’une personne au salaire qu’elle gagne peut déclarer être près de la population? Quelqu’un qui ne comprend pas qu’on ne résume pas seulement l’apport d’une personne à la société qui l’accueille à ce qu’elle possède déjà, mais à ce qu’elle peut y développer?

Comment quelqu’un nie une crise alors que des gens se font évincer d’un logement qu’ils avaient déjà du mal à payer peut clamer « ne pas être déconnecté »? Comment quelqu’un qui est l’un des seuls dirigeants en Amérique du Nord à nier une réalité comme le racisme systémique.

François Legault et la CAQ peuvent se présenter comme le parti du vrai monde et de la classe moyenne, leurs actions nous illustrent le contraire. Les députés de son parti semblent pour la plupart appartenir à cette classe de gens privilégiés qui n’ont pas eu à lutter pour un loyer abordable ou pour ne pas « faire baisser le salaire moyen ».

 Et notre premier ministre est un politicien des plus typiques, appartenant à cette même élite qu’il semblait si enclin à dénoncer lorsqu’il était dans l’opposition.

Au mieux, notre premier ministre est d’une ignorance naïve.

Au pire, c’est de l’aveuglement volontaire et dogmatique.

Dans les deux cas, c’est dangereux pour ce « vrai monde » qui écope.

François-Olivier Loignon

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