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Journée des droits des femmes : NON, ce n’est pas la « fête des filles »

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** Ce texte est une collaboration de M. François-Olivier Loignon, enseignant au secondaire et chef d’orchestre.**

Ce lundi, c’était le 8 mars.

La journée où on peut voir pulluler sur les médias sociaux des centaines de « Bonne fête les filles » ou « Bonne journée de la femme » accompagnés bien souvent du nom ou de la photo d’une ou de plusieurs femmes à qui on veut rendre hommage.

Cette journée où sortent également de leur tanière les centaines d’égos masculins froissés pour nous dire qu’on n’a plus besoin d’une journée de la femme ou pour nous demander à quand une journée de l’homme.

Bien que j’aie toujours autant plaisir à assister à cette vague de bienveillance (qui fait du bien en temps de pandémie) qu’à admirer cette crise du bacon annuelle de la masculinité toxique, ces deux tendances semblent avoir tort sur un point l’objectif de cette journée.

Car c’est bien la journée DES femmes.

Ou plutôt la journée internationale des droits des femmes. Donc, comme l’a souligné une amie précieuse, ce n’est pas une journée pour bien paraître à coups de « bonne fête les filles ». C’est une journée pour souligner les droits acquis et reconnaître ceux qui restent à atteindre.

Bien sûr, on ne peut pas être contre la vertu : ces hommages font plaisir à voir. Mais ils diminuent l’essence même de cette journée, tout en alimentant ceux qui crient que les hommes n’ont pas de journée pour eux ou pour leur dire merci.

C’est une journée pour reconnaître toutes les luttes que les femmes ont dû faire pour avancer vers l’égalité. Du droit de vote au droit de propriété, en passant par l’émancipation du mari et l’accès à des emplois non traditionnellement féminins, c’est l’occasion de reconnaître ces acquis pour lesquels plusieurs ont lutté.

C’est également la journée pour lutter pour les droits qui restent à acquérir. Car quand on regarde dans le monde, il y a toujours trop de femmes qui subissent l’excision ou toute autre forme de contrôle sexuel. Il y a des femmes qui risquent leur vie simplement pour avoir voulu s’éduquer ou pour avoir eu une opinion à voix haute.

« Ouin, mais ici l’égalité est atteinte et le féminisme ne sert plus à rien! »

Ah oui? Alors pourquoi, au Canada, une femme gagne 89 cents pour chaque dollar gagné par un homme? Pourquoi tomber enceinte se voit toujours considéré comme un obstacle professionnel dans certains milieux?

Pourquoi, aussi anodin cet exemple puisse-t-il être, les femmes doivent multiplier les recherches pour une paire de jeans avec des poches alors que toutes celles des hommes en ont? Et encore, j’évite ici le traitement des victimes d’agressions sexuelles.

Dans ma vie, nombreuses sont les femmes qui ont eu une influence majeure sur mon parcours, autant personnel que professionnel. Elles se nommaient tantôt Mélissa, Lucie, Chantale, Marie-Josée, Nathalie, tantôt Julie, Laurianne, Delphine, Marie-Gabrielle (et j’en passe). Mais toutes ces femmes ont un point commun : par leur influence, elles ont fait de moins l’homme que je suis.

Toutes ces femmes ont contribué à forger ma personnalité, mon parcours et mes aptitudes. Elles ont été un facteur majeur de mon développement. Et quand je regarde vers l’avenir, je vois aussi celles à qui j’ai eu la chance d’enseigner. Celles pour qui j’espère avoir eu une infime influence à mon tour et pouvoir les voir changer le monde.

La moindre chose que je puisse faire pour les remercier et reconnaître cette influence majeure, c’est de souligner cette journée DES droits DES femmes.

De reconnaître que, malgré les incroyables avancées, l’égalité n’est pas atteinte.

D’être à leur côté quand elles demandent à ce qu’être enceinte ne soit pas un obstacle professionnel, qu’elles demandent à mériter un salaire égal à celui des hommes pour un travail équivalent et qu’elles s’insurgent lorsque des débats archaïques comme l’avortement refont surface.

De comprendre leur volonté d’avoir un traitement équitable et paritaire.

De reconnaître que le féminisme n’est pas désuet et de le défendre avec elles.

D’éduquer les générations suivantes, en tant que prof, oncle et (peut-être un jour) père, à être sensible aux enjeux d’égalité et du féminisme.

Et, surtout, d’être à leur côté pour ces luttes et reconnaître l’importance des enjeux du féminisme, même pour les hommes.

Afin qu’on puisse un jour célébrer la journée DES droits DES femmes en ayant de plus en plus de droits acquis à souligner et de moins en moins de droits à atteindre.

François-Olivier Loignon

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