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LGBTQ : La discrimination dans le sang (Héma-Québec)

** Ce texte sur les restrictions du don de sang des personnes LGBTQ est une collaboration de Mme. Valérie Fortier et Mx. Vincent J.Carbonneau. Valérie est paramédic et Vincent est juriste. Ils sont d’ailleurs 2 nouveaux collaborateurs sur mon site web. Bienvenue à eux et bonne lecture! **

Depuis mars dernier, le monde entier vie sous la pression constante d’un ennemi invisible, le COVID-19. Cette crise sanitaire décourage les rassemblements et par le fait même les sorties superflues.

Pourtant, d’autres problèmes de santé n’arrêtent pas ou ne ralentissent pas pour autant. Des accidents surviennent quand même et des traitements doivent se poursuivre.

C’est pourquoi Héma-Québec rappelle l’importance du don de sang malgré la pandémie.

Cependant, depuis les années 1980 en raison de nombreux préjugés homophobes, biphobes et queerophobes, cet organisme restreint une partie de la société pour contribuer aux dons.

En effet, toute personne assignée homme à la naissance (homme, personne queer, personne non-binaire, femme trans, etc.), ayant eu une relation sexuelle avec une autre personne dans la même situation se voit contraint, en 2021, de se tenir abstinent sur une période de trois mois avant de pouvoir effectuer un don de sang.

Cette règlementation tient son origine du fait que depuis l’apparition du VIH, cette communauté était la plus touchée. « La prévalence du VIH se situe à près de 15 % chez ce groupe par rapport à bien moins de 1 % chez les hétérosexuels ou les lesbiennes ».

Pourquoi cette discrimination LGBTQ persiste?

Non seulement cette privation est contre-productive, mais elle encourage des préjugés et des stéréotypes aberrants à l’endroit des homosexuels, des bisexuels et des personnes d’expression de genres et d’orientations sexuelles diverses.

Depuis, les choses ont bien changé. De nouvelles données de l’Agence de la santé publique du Canada démontrent qu’une personne issue de la communauté LGBTQ2+ sur 200 est à risque d’attraper le VIH par année, soit 0,5 %. Donc, 99,5 % des membres de la communauté ne sont pas à risque.

Nous comprenons que par le passé, c’est-à-dire il y a plus de trois décennies, les études étaient réalisées à partir d’informations partielles ou incomplètes (dans un contexte profondément homophobe) et comprenaient de grands flous, comparable à ce que nous vivons présentement avec la crise de la COVID-19.

D’ailleurs, il est arrivé des propagations du virus lors de transfusion sanguine. Or, les normes nationales, appliquées par Héma-Québec, sont déterminées par Santé Canada dans le but de protéger le donneur et le receveur.

De ce fait, tous les dons de sang LGBTQ sont testés et qualifiés.

Ces tests permettent de dépister entre autres : le cytomégalovirus (CMV) sur certaines poches, l’hépatite B, l’hépatite C, la syphilis, le virus du Nil occidental (VNO), le virus HTLV et le virus VIH.

C’est en effet une solution, soit tester l’ensemble des dons plutôt que de faire usage de restrictions hautement problématiques.

Depuis 1988, plusieurs améliorations quant aux processus de dépistage ont été mise en place. Sur le site d’Héma-Québec, dans les mesures de sécurité, on peut lire que depuis janvier 2001, des tests d’acides nucléiques sont effectués sur les dons. Ces tests servent à dépister le VIH, « virus causant le sida ».

Ces changements sont importants, non seulement au nom de l’égalité, mais aussi pour augmenter le bassin de dons potentiels. Selon Guillaume Savard, fondateur de Queer For Change, la fin des mesures discriminatoires permettrait une hausse de 400 000 donneur-euse-x-s au pays.

En tant que citoyen-ne-s conscientisé-e-s, nous demandons que le gouvernement agisse contre cette discrimination basée sur l’identité de genre, l’expression de genre ou l’orientation sexuelle relativement aux dons de sang.

Nous souhaitons également donner notre appui au projet Avec notre sang. Il s’agit d’une initiative visant à rallier les personnes subissant cette discrimination afin de démontrer que leur sang peut sauver des vies, sans représenter un danger pour la santé.

Depuis des années, et surtout en ces temps difficiles de pandémie et de crise sociale et sanitaire, nous constatons une pénurie dans les dons de sang et il faut y remédier, puisque la contribution de tous-tes-x est vitale.

Valérie Fortier, Paramédic

Vincent J.Carbonneau, Juriste

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