AVSEC
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Acteurs de l’ombre: vous avez dit AVSEC?

**  Afin de démystifier la fonction d’AVSEC, je vous propose une entrevue avec Marie Claude Roy, AVSEC à l’École internationale de Montréal par Hélène Frankland. **

Plusieurs acteurs œuvrent auprès nos jeunes dans les écoles que ce soit des techniciens en éducation spécialisée, des orthopédagogues ou encore des conseillers en orientation, mais peu de gens connaissent le rôle d’animateur de vie spirituelle et d’engagement communautaire (AVSEC), une fonction qui gagne à être mise en lumière.

Hélène Frankland : Marie-Claude Roy, peux-tu me dire d’abord en quoi consiste ta fonction d’animatrice de vie spirituelle et d’engagement communautaire?

Marie Claude Roy : Le poste d’AVSEC a plusieurs volets! « La vie spirituelle » représente le côté « donner un sens à la vie ». Le bien-être, l’estime de soi, l’intériorité, les rites, l’importance de l’existence, entre autres, sont des sujets qui sont touchés par l’ensemble des AVSEC du Québec.

La partie pour laquelle je mets beaucoup d’énergie à notre école est celle de l’engagement communautaire. Depuis 2006, je suis presque la seule à être responsable de tous les dossiers d’engagement communautaire d’une même école secondaire et d’évaluer chaque élève du PEI.

Je cherche donc toujours des moyens pour chapeauter des projets tel que les comités en lien avec l’environnement comme le Magasin du Monde et la participation à la Marche monde pour le volet de la justice sociale.

Je suis responsable du conseil étudiant et cela me permet de mettre en pratique le volet vie démocratique avec les élèves. J’ai aussi beaucoup de tâches organisationnelles quant à l’organisation des différentes activités et j’essaie (en temps normal) d’amener des projets en classe afin d’arrimer les projets en lien avec l’IB et le service action.

H. F. Est-ce comme la pastorale d’antan mais version 2.0?

M.-C. R. : En fait, depuis que la CECM est devenu la CSDM et maintenant le CSSDM, ce n’est plus axé sur une religion, mais plutôt sur l’être humain dans son milieu.

H.F. : Il y a aussi un côté écolo dans ton travail. D’ailleurs, l’École internationale de Montréal est un des premiers établissements sur l’île à faire du compost de façon systématique avec les jeunes. Comment l’idée t’est-elle venue?

M.-C. R. : Quand on faisait les rénovations de la cafétéria, au même moment, la Ville de Westmount me proposait de participer à leur projet pilote de compost dans les écoles. Westmount a été une des premières villes à intégrer la collecte de résidus alimentaires et les écoles ont fait partie de leur projet.

Le timing était parfait, nous avons adapté les îlots de tri en fonction du tri des matières : déchets, recyclage, résidus alimentaires. La Ville nous assurait la collecte à tous les lundis et nous ont fourni le conteneur d’acier pour y déposer nos sacs bio.

H.F. : Qu’est-ce que cela implique-t-il à tous les jours? Des défis?

M.-C. R. : Il a fallu éduquer les élèves et à chaque année, nous devons informer les élèves de 1re secondaire afin de leur expliquer le fonctionnement. Il faut s’assurer de la collaboration de la cuisine de l’école ainsi que celle du concierge pour assurer l’harmonie.

J’ai une personne-ressource au CSSDM qui m’aide à tous les niveaux à communiquer, à trouver des ressources et des solutions. La conseillère pédagogique en environnement collabore aussi avec moi, elle me fournit des informations, elle me donne des moyens pour fonctionner et avancer.

H. F. Quelle a été la contribution de la communauté dans ce projet?

M.-C. R. : La ville de Westmount s’occupe de la collecte hebdomadaire et de la gestion des déchets. Ils fournissent les bacs aussi pour toute l’école.

H. F. Est-ce que cette belle idée a-t-elle fait des petits dans d’autres milieux?

M.-C. R. : D’autres écoles sont en train de convaincre la Ville de Montréal à faire approuver des collectes dans les écoles du CSSDM sur le territoire de Montréal. Nous sommes donc cités en exemple et servons d’école modèle pour ceux qui vont bientôt emboîter le pas!

H. F. Tu t’occupes aussi de l’engagement communautaire dans le cadre du programme international. Par exemple, les jeunes s’impliquaient dans des fermes urbaines ou encore en faisant du bénévolat auprès des personnes âgées. Peux-tu nous en parler davantage?

M.-C. R. : Nous avons plusieurs organismes avec qui nous travaillons en collaboration et d’ailleurs, la Ruelle de l’avenir est même venue dans nos classes de sciences pour initier les élèves aux nouvelles technologies.

Cet organisme offre aussi des stages dans les jardins urbains pendant l’été. J’ai aussi travaillé en collaboration avec Innovation Jeunes, un organisme qui initiait des élèves bénévoles dans des serres sur les toits de l’université Concordia.

Les éco-quartier ont recours à nos élèves pour différents projets. Le YMCA de NDG offre un projet à nos élèves l’été (C-Vert), un projet qui développe le sens des responsabilités en matière d’environnement.

Beaucoup de CHSLD et de résidence pour personne âgées (en temps normal) offre du bénévolat aux élèves afin d’organiser des activités pour eux. Le Musée Mc Cord a créé un projet de « Partageons notre mémoire » en organisant des visites dans les CHSLD où des résidents atteint d’Alzheimer recevaient des jeunes accompagnés de responsables du musée pour leur rappeler des souvenirs lointains.

H. F. Pourquoi faudrait-il convaincre d’autres écoles d’engager un AVSEC?

M.-C. R. : Tu as la réponse dans tous les projets inspirants que je t’ai exposés plus haut! Et ce n’est qu’une petite description. Ha Ha Ha! On est indispensable, très flexible et la majorité des AVSEC sont « des caméléons » avec des talents en animation!

Malheureusement, le ministère de l’éducation et les centres de services ne nous mettent pas en priorité dans leurs effectifs! Beaucoup d’AVSEC du CSSDM sont maintenant des « Agents de soutien » pour les familles immigrantes et les nouveaux arrivants dans les classes d’accueil. On garde espoir, la vie est belle!

H.F. Merci Marie-Claude de nous avoir

M.-C. R. De nada Héléna!

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