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GNL Québec, vous ne passerez pas!

La crise sanitaire actuelle a mis un frein à plusieurs projets d’envergure au pays. Par contre, ce n’est pas parce que le monde est sur pause que les groupes de lobbyistes le sont. Ils font des pieds et des mains pour chercher à convaincre le gouvernement de la valeur de leurs projets.

Le meilleur exemple est sans aucun doute celui de GNL Québec. Un projet que même le premier ministre François Legault a vanté. Selon lui, il créerait 4000 emplois durant la construction. Ainsi que 250 emplois permanents à 100 000 $ par année ensuite.

Le plus important lobby pétrolier et gazier au Canada vient de lancer des démarches afin de convaincre le gouvernement Legault de prendre des mesures pour « soutenir » la relance de l’industrie des énergies fossiles dans le contexte de sortie de la crise de la COVID-19, a constaté Le Devoir. Le projet GNL Québec est d’ailleurs cité en exemple par l’organisation, qui représente les principaux producteurs de l’ouest du pays.

Le Devoir / 17 juin 2020
https://www.ledevoir.com/societe/environnement/580915/le-lobby-petrolier-canadien-reclame-un-soutien-du-gouvernement-legault

Mais en fait, le projet GNL Québec, c’est quoi au juste ?

Le projet GNL Québec (Gaz Naturel Liquéfié Québec) se divise en 2 étapes distinctes. Il y a tout d’abord la construction d’une usine de liquéfaction de gaz naturel. Le tout via l’entreprise d’Énergie Saguenay, à Port-Saguenay.

La 2e partie du projet est la construction d’un Gazoduc. Une conduite traversant une bonne partie du Canada pour alimenter l’usine. Le promoteur est Gazoduq inc. Les entreprises Énergie Saguenay et Gazoduq Inc. sont des sous-divisions de GNL Québec.

Le président du conseil d’administration de GNL Québec se nomme Jim Illich. Il est responsable d’une soixantaine de projets énergétiques aux quatre coins du globe.

pipeline gnl gazoduc gaz naturel
Un exemple de conduite de gazoduc/photo : Pixabay

Le projet, financé par des intérêts étrangers provenant de paradis fiscaux, est colossal. Les principaux investisseurs sont : Breyers Capital (USA) et Freestone International (USA). Mais il y a aussi de nombreux fonds spéculatifs chinois. Ils sont basés à Hong Kong, aux iles Caïmans et dans les îles Vierges britanniques.

La structure financière de GNL Québec/Source : IRIS

https://cdn.iris-recherche.qc.ca/uploads/publication/file/FicheCAQ-8-GNL_WEB.pdf

James W. Breyer est le personnage clé derrière GNL Québec. Il est le principal acteur financier. Le magazine Forbes évalue la fortune de M. Breyer à 3,1 milliards de dollars.

Breyer est un conseiller de l’administration Trump. Il est un abonné aux tactiques détournées d’évasion fiscale. Proche de l’industrie du charbon américaine, il est également farouchement opposé à toute réglementation environnementale. Il est également impliqué dans la destruction actuelle de la forêt amazonienne.

Pourtant, malgré le nombre impressionnant d’investisseurs et l’argent disponible sur la table, Énergie Saguenay et Gazoduq demandent au gouvernement québécois d’injecter des milliards en fonds publics dans le projet.

GNL Québec : le projet d’un autre siècle

Un bateau transportant du GNL/Photo : Getty images

Le projet de GNL Québec est gigantesque. On parle de 14 milliards de dollars d’investissement, principalement pour la construction de l’usine de liquéfaction au Saguenay.

Il s’agit par contre d’une affaire commerciale qui profitera aux entreprises québécoises et créera des emplois, mais à très court terme seulement. Principalement le temps de la construction.

Le complexe industriel de liquéfaction de gaz naturel est sur le site de Port Saguenay. Le but est d’exporter 11 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) par an. Le tout à partir de sources d’approvisionnement de l’Ouest canadien. Cette source est d’ailleurs toujours inconnue à l’heure actuelle.

La 2e partie du projet est la construction d’un Gazoduc pour alimenter l’usine. Afin de transporter le gaz naturel jusqu’à l’installation, un nouveau gazoduc de plus de 750 km sera construit.

Il sera relié au réseau principal de transport dans le nord-est de l’Ontario est déjà en construction. Ceci permettra l’approvisionnement de gaz naturel provenant de l’Ouest canadien. 

Le pipeline traversera l’Abitibi-Témiscamingue et le Saguenay-Lac-St-Jean d’ouest en Est (De Rouyn-Noranda à Chicoutimi). Une zone de 30 mètres de largeur doit également être défrichée tout le long du trajet.

Gazoduq Inc. est le promoteur de cette nouvelle infrastructure. C’est une sous-division d’Énergie Saguenay. Il s’agit donc des mêmes investisseurs américains.

Beaucoup de désavantages à ce projet

Photo : Alexandre Shields Archives Le Devoir

Nous ne sommes plus au début de la Révolution industrielle

On tente de nous vendre ce projet comme étant vert, mais c’est simplement une tactique pour nous faire croire que la consommation de gaz naturel des meilleures que le charbon.

Ce n’est pas faux, mais l’un ne remplacera pas nécessairement l’autre. Ils vont plutôt s’additionner, comme le pensent plusieurs experts en environnement.

En plus de venir ajouter des tonnes de CO2 dans l’atmosphère, l’utilisation du gaz naturel liquéfié est un projet qui aura aussi des conséquences directes sur le terrain.

Cela menacera possiblement des emplois existants, notamment dans les secteurs touristique (chasse et pêche) et agricole, car le trajet prévu par GNL menace plusieurs zones importantes pour ces deux industries.

Tout ce que veut Gazoduq, ou Énergie Saguenay, c’est de passer leur tuyau sur notre territoire québécois. Et ce en laissant les profits dans l’Ouest canadien et dans des paradis fiscaux. Principalement pour des hommes d’affaires américains et chinois.

Sacrifier l’environnement

Le prix à payer au niveau environnemental et social dépasse de loin les avantages. Des lacs, des forêts, des régions entières seront tronçonnés en deux pour laisser passer cet Oléoduc financé par des intérêts américains.

Sans compter une importante augmentation du risque de collisions avec les mammifères marins du Fjord du Saguenay. Car les énormes bateaux transportant le GNL vont se diriger en Europe, en traversant le Fjord et le fleuve St-Laurent.

GNL Québec, c’est une mauvaise affaire pour la province. Le Québec mérite mieux que d’investir dans un projet digne des années 1800. Nous n’avons pas à nous faire dicter la marche à suivre par les intérêts gaziers albertains. Et surtout pas par des financiers américains et chinois.

GNL Québec, c’est un projet dépassé, qui n’a pas sa place. M. Legault, le Québec ne doit pas financer GNL Québec avec des fonds publics. Et même plus, il ne devrait même pas voir le jour.

Parce qu’on est en 2020…. et en 2020 les Québécois méritent mieux de la part de leur gouvernement.

Sources :

https://cdn.iris-recherche.qc.ca/uploads/publication/file/FicheCAQ-8-GNL_WEB.pdf

https://energiesaguenay.com/fr/le-projet/description-du-projet/

https://www.ledevoir.com/societe/environnement/566416/les-investisseurs-du-projet-energie-saguenay-sont-installes-dans-des-paradis-fiscaux

https://www.lapresse.ca/debats/opinions/2020-02-26/projet-gnl-quebec-une-industrie-dependante-des-fonds-publics

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1476794/gnl-quebec-environnement-gaz-naturel

https://energiesaguenay.com/fr/gnl-quebec/conseil-d-administration/

https://ricochet.media/fr/2849/le-milliardaire-jim-breyer-co-dirigeant-denergie-saguenay-finance-des-politiciens-americains-anti-climat

https://www.ledevoir.com/societe/environnement/580915/le-lobby-petrolier-canadien-reclame-un-soutien-du-gouvernement-legault

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