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Biden / Harris: Une inauguration avec deux R

** Ce texte sur l’inauguration de Biden/Harris est une collaboration de M. François-Olivier Loignon, enseignant au secondaire en musique et chef d’orchestre. Francois-Olivier est également le directeur musical de deux orchestres communautaires à Québec. **

C’est officiel. Biden est président.

Et puis, comment tu te sens?

C’est la question qui m’est tournée dans la tête tout au long de cette journée remplie d’émotion.

Pour y répondre, laissez-moi faire référence à cette scène de Kill Bill 2. Celle où Budd demande à Elle Driver, face à la mort de sa pire ennemie, lequel des deux « R » ressent-elle le plus : « relief » (soulagement) ou « regret »? À cette question, Elle répond tout d’abord « un peu des deux ».

Et cette réponse décrit bien la journée d’aujourd’hui.

Je suis soulagé de voir le président le plus toxique de l’histoire récente quitter la Maison-Blanche. Soulagé de voir quitter que le gars qui a craché sur les accords environnementaux, renié ses alliés, ostracisé presque toutes les minorités possibles, redonné de la visibilité au fascisme et nourri la corruption politique du pays. De le voir isolé, déchu et vaincu.

Je regrette par contre de voir le mouvement raciste et fasciste qui l’a porté au pouvoir être maintenant décomplexé. De voir que malgré le fait inimaginable qu’il ait autorisé à séparer des enfants de leurs parents et les remettre en cage. Qu’il ait ignoré une pandémie meurtrière, il ait quand même obtenu l’appui de plus 70 millions d’Américains.

Je suis soulagé de voir tomber plusieurs de ses partisans. Content de savoir que nous n’aurons plus à endurer les Giuliani, Miller, DeVos, McEnany, Pompeo, Kushner et cie venir tordre tout idéal de justice et de démocratie comme bon leur semble.

Je regrette de savoir que de nombreux enablers qui auront permis à ce cirque de durer pendant 4 ans pourront se draper de la vertu à la dernière minute en oubliant leur support à ce président immonde pour des fins politiques. De savoir que des Collins, Tillis, Ernst et retrouvé leurs sièges et que des McConnell et Romney vont jouer aux voix de la raison.

Je suis soulagé de voir la décence revenir en force à Washington.

De voir des politiciens comme Joe Biden, Kamala Harris, Jon Ossof et Raphael Warnock reprendre les rênes politiques de ce pays divisé. De voir que malgré son passé de défenseur du statu quo, Biden semble vouloir se laisser porter par les vents progressistes qui soufflent de plus en plus fort sur son parti (et sur le pays).

Je regrette de savoir qu’encore une fois, on a préféré répondre à l’extrémisme de Trump pour la modération tiède du trio Biden, Schumer et Pelosi. De constater que, malgré une augmentation phénoménale des inégalités économiques, raciales et sexuelles de ce pays, un Bernie Sanders soit considéré trop radical, malgré ses propositions dont ce pays a grandement besoin.

Je suis soulagé de cette investiture qui nous apporte de l’espoir et du réconfort. Je regrette avoir eu à vivre la dernière pour en arriver là.(la défaite de Clinton étant la première fois que la politique américaine m’arrachait des larmes).

Mais je préfère donner la chance au coureur. Biden a tendu la main de nombreuses fois aux progressistes et semble honnête dans sa volonté d’améliorer le pays. Espérons que ses décisions permettront à des voix plus progressistes comme AOC à devenir plus fortes et plus présentes, surpassant ainsi les Ted Cruz de ce pays.

Et, comme à chaque fois que la politique me plonge dans ce tourbillon d’émotions qui guette les passionnés, je me réconforte en fouillant dans les confins de mon téléphone pour retrouver cette citation parmi celles qui m’ont le plus marqué :

« My friends, love is better than anger.

Hope is better than fear.

Optimism is better than despair.

So let us be loving, hopeful and optimistic.

And we’ll change the world. »

François-Olivier Loignon

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