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Protéger et servir (Bon cop / Bad cop)

*Avertissement: ce texte n’a aucun lien avec le film Bon Cop / Bad Cop

Protéger et servir. Tel est le serment de toutes les forces de l’ordre dans les pays démocratiques. Elles jouent un rôle clé dans la société. Elles servent, protègent et font respecter la loi. Sans elles, la civilisation pourrait facilement verser dans le chaos et l’anarchie.

Son rôle est défini pour la première fois dans l’ouvrage « The Rule of law » (1690), un document pilier de la démocratie occidentale. Découlant de la célèbre « Magna Carta » de 1215, de « l’Habeas Corpus » (1679), et la « Common Law » britannique, ce texte a été écrit par le philosophe anglais John Locke.

Il déclare la liberté comme inséparable de la loi. Vivre sous le gouvernement de la loi, c’est vivre en homme libre. Locke place ainsi les balises de la démocratie moderne.

Il expose donc qu’un équilibre naturel doit se faire entre la liberté individuelle et le pouvoir des états d’imposer et de faire respecter des lois. Cet équilibre devant être gardé grâce au respect des lois par les citoyens, et à son application par les forces de l’ordre.  

Selon le document, le rôle des forces de l’ordre est « d’installer de la confiance en défendant des normes et des valeurs supérieures et ainsi contribuer à la cohésion sociale.

Gardienne de la paix, elle symbolise la loi et l’ordre public. Elle a deux défis essentiels à relever dans une démocratie digne de ce nom : servir la population et traiter de manière impartiale tous les membres de la société. »

Policiers: protéger et servir en 2020

On ne peut se le cacher, les policiers et leur travail sont en avant-plan dans l’actualité internationale. Le tout étant principalement en réaction aux différents événements raciaux aux États-Unis.

La multiplication des cas de brutalité policière vis-à-vis la minorité afro-américaine ont indigné une grande partie de la population. Il n’est pas difficile de trouver des exemples en cherchant rapidement sur Google ou YouTube.

De nombreux cas d’abus, d’agressions et même de meurtres gratuits perpétrés par des agents de police ont fait la une des médias du monde. La mort récente de George Floyd a été la goutte qui a fait déborder un vase qui était déjà plein depuis longtemps. Ses derniers moments, tristement immortalisés par vidéo, se terminent avec ses derniers mots déchirants et révoltants :

« I can’t breathe »

« Please, the knee in my neck »

« My stomach hurts, my neck hurts, everything hurts »

« Don’t kill me »

« Mama ! »

Des réactions aux quatre coins de la planète

Suite à la diffusion aux quatre coins de la planète de ses images cruelles et barbares, la population afro-américaine, ainsi qu’une bonne partie de la population en général demande maintenant des comptes et la justice pour George Floyd. Et avec raison, il est le nombreux d’un nombre incalculable d’histoires de la sorte entre la police et des membres de la communauté afro-américaine.

Des scènes d’émeutes et de violences, frôlant quelques fois la guerre civile, ont éclaté dans la majorité des grandes villes américaines. La colère des gens ne fait qu’augmenter, surtout avec l’attitude du président Trump qui multiplie déclarations incendiaires les unes après les autres.

Une voiture de police incendiée à NY / Photo: Reuters

Certaines villes ont carrément perdu le contrôle sur la situation. Nous assistons donc à des scènes de pillages, de violences et de confrontations brutales entre l’autorité et les manifestants depuis près d’une semaine maintenant. Certaines personnes vont jusqu’à avancer les risques d’une implosion révolutionnaire aux États-Unis.

Des policiers de Mineapolis / photo: Paris Match

L’équilibre a été brisé depuis longtemps

L’équilibre de l’état de droit tel que décrit dans « The rule of the law » a été brisé. Les nombreux abus dénoncés face aux policiers américains ont amené une grande partie de la population à ne plus respecter l’ordre établi.

Nous nous retrouvons donc maintenant de l’autre côté du balancier, après des années d’abus et de racisme de la part de plusieurs représentants de l’autorité. Nous voyons ainsi en réaction des scènes de chaos frôlant l’anarchie totale.

Ce fragile équilibre sera très dur à retrouver. Des réformes majeures sont demandées par la population, et avec raison. Il n’est pas normal qu’en 2020, dans le pays « le plus libre et le plus démocratique de la planète », qu’une partie de la population soit encore traitée comme des citoyens de second plan. Surtout considérant la radicalisation des différents partis impliqués.

Des policiers qui tirent sur des journalistes / Photo: Reuters

Par contre, l’influence des différents médias, et surtout des médias sociaux, ont la fâcheuse tendance à créer des généralisations importantes. Au risque de faire réagir certaines personnes, je crois qu’il y a une nuance importante à apporter.

Non. Ce ne sont pas tous les agents qui sont de mauvais policiers, violents, racistes et abusifs. Par contre, ce sont eux que l’on voit et qu’on entend le plus souvent parler dans les médias.

Et avec raison, je ne cherche pas à justifier ou défendre l’indéfendable. Il y a un réel problème de profilage, de violence et de racisme systémique envers les minorités culturelles.

Ce n’est pas qu’aux États-Unis

Il ne faut pas croire que la situation est parfaite chez nous au nord de la frontière américaine, ou en Europe également. Plusieurs pays vivent également ce genre de situation entre leurs forces de l’ordre et les minorités culturelles sur leur territoire.

Que ce soit à Montréal, Toronto, Paris, Bruxelles, Londres et autres grandes métropoles du monde, de nombreux abus policiers ont été observés et sont de plus en plus dénoncer au grand jour.

Par contre, ce que ce genre de situation nous fait oublier, c’est qu’il y a aussi plusieurs membres des forces de l’ordre partout dans le monde qui exerce leur travail de façon professionnelle et équilibrée.

De plus en plus d’histoires de policiers dénonçant les actions de leurs collègues ont circulé sur les réseaux sociaux. D’autres ont été vus déposer le genou par terre, en référence au geste de l’ancien joueur de la NFL Colin Kaepernick.

Des policiers imitant Colin Kaepernick / Photo: AFP

Même chose pour des policiers qui ont même décidé de participer du côté des manifestants, à des marches pacifiques. Certaines personnes profitent donc de la situation actuelle pour montrer l’exemple, et surtout montrer que force de l’ordre n’égale pas automatiquement abus, racisme et violence.

Le Sheriff Chris Swanson au Michigan

Il n’y a pas que de mauvais policiers

La grande majorité d’entre nous côtoie également des policiers ou autres membres des forces de l’ordre sur une base régulière. Que ce soit de la famille, des amis, des voisins ou des membres actifs de notre communauté, nous savons que ce ne sont pas tous les policiers qui sont comme ceux que l’on dénonce dans les médias. Le bon policier existe. Tout comme le mauvais policier.

Il ne faut pas oublier que derrière l’uniforme et le badge, se cache un être humain avec des qualités et des défauts comme tous les autres citoyens. Il y a de mauvais enseignants, de mauvais politiciens, de mauvais avocats, et de mauvaises personnes tout court. Cela fait partie de la nature humaine depuis des millénaires.

La grande différence, c’est que des gens sont placés en position de pouvoir et d’autorité. Cette situation peut amener à de grands dérapages, comme nous sommes à même de le constater jour après jour. Ce ne sont pas tous les êtres humains qui devraient obtenir de tels postes dans la société.

Il ne s’agit pas pas tous les gens qui ont la capacité et surtout les aptitudes pour vivre tous les jours le stress du travail de policier. Ce ne sont également pas toutes les personnes qui devraient avoir en leur possession une arme à feu en permanence dans le cadre de leur travail.

Le statut quo n’est plus acceptable

Il est donc évident que plusieurs choses doivent changer dans l’évaluation et la formation des différentes forces de l’ordre. C’est toute une culture institutionnelle qui doit être révisée et modernisée. Sinon, l’histoire continuera de se répéter encore et encore.

Malgré tout ce qui se passe présentement, je garde quand même espoir que la situation pourra être améliorée. Je crois fermement que les actions positives et progressives auront plus d’impact et d’importance que toute la violence et la haine qui déferle présentement. Des réformes, de l’éducation, un dialogue, voilà des clés pour voir la situation s’améliorer.

Toutes les vies humaines sont importantes, mais certaines vies sont plus difficiles à vivre que d’autres. On ne peut plus nier que la population blanche vit beaucoup moins de préjudices que les autres. Je souhaite donc ardemment que justice soit rendue pour toutes les personnes victimes des abus et de la violence des forces de l’ordre.

Il faut prendre position et dénoncer

« Je ne suis pas noir, mais je te vois. Je ne suis pas noir, mais je t’entends. Je ne suis pas noir, mais je pleure avec toi. Je ne suis pas noir, mais je me battrai pour toi. »

Source inconnue via Twitter

Nous sommes en 2020. Le silence n’est pas une option. Qui ne dit rien consent.

Alors je le dis haut et fort. « Enough is enough; it’s time for a change ».

#RipGeorgeFloyd #blacklivesmatters

Sources :

https://www.icrc.org/fr/publication/0845-servir-et-proteger-guide-du-comportement-de-la-police

https://wwsw.lexpress.mu/idee/297899/police-dans-une-democratie

https://fr.wikipedia.org/wiki/Rule_of_law

https://fr.wikipedia.org/wiki/Magna_Carta

https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Locke

http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire?iddictionnaire=1505

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Pour d’autres éditoriaux:

https://jonathanleprof.com/nouvelles/

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3 réponses pour “Protéger et servir (Bon cop / Bad cop)”

  • ‘ » Il n’est pas normal qu’en 2020, dans le pays « le plus libre et le plus démocratique de la planète », qu’une partie de la population soit encore traitée comme des citoyens de second plan.  »

     » Nous assistons à des scènes de pillages, de violences et de confrontations brutales  »

    – Un citoyen de 1er plan prend la parole et non les armes. Jamais l’utilisation de la force et ce peu importe l’idée à défendre.

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